Le collier algérien, constitué d'une double chaîne à laquelle pendent de nombreux charms emblématiques des bijoux kabyles produits par la culture Beni Yenni, est particulièrement séduisant. L'émotion qu'il suscite est certainement due à la multiplicité des amulettes, au corail, aux émaux colorés et à son montage très simple, se terminant par une simple branche de corail en guise de fermoir. Ce collier rustique peut être assemblé par une femme en utilisant ou en réutilisant des charms achetés individuellement. Il a probablement été enrichi au fil du temps au gré des bonnes fortunes, ou réduit pour financer des événements imprévus. Un article de l'Encyclopédie berbère éclaire la symbolique des différents charms.
Pendeloques des Aurès et de la Grande Kabylie. En haut, Aurès : 1 : graine de melon ; 2 : main ; 3 : décor anthropomorphe ; 4 : circulaire ; 5 : évolution vers le croissant. En bas, Grande Kabylie : 1 : tikkefist ; 2 : tabuqalt ; 3 : graine de melon (izes ufeqqus) ; 4 : tabuhemset ; 5 : feuille de chêne (ifrawen ukerruš) ; 6 : pendentif circulaire (tašrurt tuzzigt lmerz1an) ; 8 : étoile (itri.) (dessins de Y. Assié).
Une étude sémiotique s'intéresse de plus près au collier Azrar : « Il est composé de plusieurs motifs représentant la richesse de la terre, comme le blé, les abeilles et divers autres symboles, rendant ce collier riche de sens. Azrar', comme disent les anciens, est un bijou symbolisant l'alliance et la solidarité entre des tribus autrefois en guerre. Les artisans ont créé ce bijou pour signifier une nouvelle ère de paix. Les femmes le portent fièrement en signe de noblesse, reflétée par sa taille, son poids et sa valeur. »
Femme kabyle portant tiare, boucles d'oreilles, colliers, bracelets, bagues (photo A. Bozom).
Encyclopédie berbère